
Selon le rapport de la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) Bretagne publié en octobre 2025, les prairies permanentes, ces espaces herbagers non labourés depuis au moins cinq ans ,connaissent un recul significatif dans la région.
En 2024, ces surfaces couvrent environ 371 000 hectares au total, soit 13,5 % du territoire régional (contre 19 % en moyenne en France métropolitaine). Sur la surface agricole utile (SAU), elles représentent 20 % en Bretagne (environ 315 000 hectares déclarés en PAC), contre 33 % au niveau national.
Cette tendance est particulièrement marquée dans certaines zones, avec des disparités départementales : la proportion tombe à 12,4 % dans les Côtes-d’Armor et atteint 14,4 % dans le Finistère. Aucune dégradation majeure supplémentaire n’est signalée pour 2025 à ce stade, le ratio régional restant stable sans activation de restrictions sur les retournements
Un déclin accéléré des prairies permanentes en Bretagne
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La Bretagne fait face à une accélération du déclin de ses prairies permanentes, comme le souligne le rapport DRAAF. Entre 2010 et 2024, la région a perdu 6,5 % de ces surfaces, soit environ 26 000 hectares, avec l’essentiel de la baisse concentrée sur les quatre dernières années (5,3 % de recul depuis 2020)
Les chiffres alarmants de l’étude de la Draaf
Selon les données de la Draaf Bretagne, le mouvement s’est nettement accéléré ces quatre dernières années, avec une baisse de 5,3 %. Entre 2022 et 2023, près de 22 000 ha ont été retournés contre seulement 18 000 ha devenus permanents, soit un déficit net de 3 700 ha.
| Année | Surface retournée (ha) | Surface devenue permanente (ha) | Déficit net (ha) |
|---|---|---|---|
| 2022-2023 | 22 000 | 18 000 | 3 700 |
Une baisse deux fois plus rapide qu’à l’échelle nationale
Le rythme de déclin des prairies permanentes en Bretagne est deux fois plus rapide que la moyenne nationale. Entre 2010 et 2024, une baisse totale de 26 000 hectares a été observée, dont l’essentiel au cours des quatre dernières années. 10 000 hectares ont été perdus entre 2022 et 2023, soulignant l’urgence de la situation.

La situation bretonne est d’autant plus préoccupante lorsqu’on la compare à d’autres régions d’élevage comme la Normandie, où les prairies permanentes occupent 34% de la surface agricole utile contre seulement 20% en Bretagne.
Les causes de ce recul préoccupant
Les prairies permanentes bretonnes sont confrontées à un recul préoccupant, résultat de plusieurs causes sous-jacentes. Cette section analysera en profondeur les facteurs explicatifs identifiés par l’étude de la Draaf.
La diminution du cheptel bovin et la disparition d’exploitations
La baisse constante du cheptel bovin breton, avec une diminution annuelle de 2,6% depuis 2019, entraîne mécaniquement une moindre utilisation des surfaces herbagères. La disparition continue d’exploitations agricoles contribue également à ce déclin. Les reprises de terres entraînent souvent le retournement des prairies permanentes, généralement reconverties en cultures de maïs.
L’agrandissement des exploitations et l’intensification des systèmes fourragers
L’agrandissement des exploitations, particulièrement dans le secteur laitier, joue un rôle significatif dans le recul des prairies permanentes. Les parcelles éloignées des bâtiments d’élevage sont plus facilement converties en cultures de maïs. La spécialisation laitière et l’intensification des systèmes fourragers expliquent cette configuration.
La conversion vers d’autres types de production agricole
La conversion des prairies permanentes en d’autres types de production agricole, notamment en cultures fourragères, contribue au déclin de ces espaces. La Bretagne se distingue par des taux records de prairies temporaires (17%) et de maïs fourrage (19%) dans la surface agricole utile régionale, témoignant d’une intensification des systèmes fourragers au détriment des prairies permanentes.
En résumé, le recul des prairies permanentes en Bretagne est attribué à une combinaison de facteurs, notamment la diminution du cheptel bovin, la disparition d’exploitations, l’agrandissement des exploitations laitières, et l’intensification des systèmes fourragers. Ces changements structurels dans l’agriculture régionale ont des implications significatives pour la gestion des prairies permanentes.
Les conséquences écologiques et agricoles du recul des prairies permanentes
Le recul des prairies permanentes en Bretagne entraîne des conséquences écologiques et agricoles majeures. Les prairies permanentes sont essentielles pour maintenir l’équilibre écologique de la région.
Un impact sur la biodiversité et le stockage du carbone
La disparition des prairies permanentes affecte la biodiversité en réduisant les habitats pour de nombreuses espèces. De plus, ces espaces contribuent significativement au stockage du carbone, jouant ainsi un rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique.
La fragilisation de l’autonomie fourragère des fermes
Les prairies permanentes constituent une ressource fondamentale pour l’élevage, notamment en fournissant des protéines pour les ruminants. Leur déclin fragilise l’autonomie fourragère des exploitations agricoles, les rendant plus dépendantes des importations de fourrages.
Les répercussions sur la qualité des sols et la gestion de l’eau
Les prairies permanentes contribuent à la qualité des sols en maintenant la matière organique et en prévenant l’érosion. Elles jouent également un rôle dans la gestion de l’eau en favorisant la filtration et en régulant les écoulements, ce qui aide à prévenir les inondations.
En résumé, le recul des prairies permanentes en Bretagne a des conséquences environnementales et agricoles significatives, soulignant l’importance de préserver ces espaces essentiels pour l’équilibre écologique et la durabilité de l’élevage dans la région.
Vers des solutions pour préserver ces espaces essentiels
Les prairies permanentes bretonnes peuvent être sauvegardées grâce à des dispositifs réglementaires et incitatifs. La règle BCAE 1 de la Politique agricole commune (PAC) impose à chaque région de maintenir un ratio stable de prairies permanentes sur la surface agricole utilisée. Ce mécanisme est renforcé par un « frein d’urgence » qui permet aux autorités d’interdire tout nouveau retournement ou d’imposer la réimplantation des surfaces perdues si le ratio chute au-delà d’un seuil fixé.
En parallèle, des dispositifs incitatifs tels que les éco-régimes et les Mesures Agro-Environnementales et Climatiques (MAEC) biodiversité encouragent les agriculteurs à gérer durablement leurs prairies. L’exemple de l’agriculture biologique bretonne est particulièrement encourageant, avec une part de prairies permanentes passant de 9,61% en 2011 à 16,06% en 2022.
L’agriculture biologique est un modèle à suivre, avec plus de 9 000 nouveaux hectares devenus des prairies permanentes en 2023. Pour préserver ces espaces essentiels, il est crucial de combiner réglementation, incitations économiques et sensibilisation des acteurs agricoles. Cela contribuera à maintenir l’autonomie fourragère des exploitations et l’équilibre écologique de la région bretonne.
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